Au centre national et hospitalier de pneumo-phtisiologie l’ambiance qui a régné hier était inhabituelle. La tristesse se lisait sur tous les visages. Du début jusqu’à la fin de la cérémonie d’hommage, les parents, amis, connaissances, collègues, présents sur les lieux, cachaient difficilement leurs émotions.
La douleur et la consternation des uns et des autres étaient si grandes qu’elles qu’elles apparaissaient dans la série d’allocutions qui ont marqué la cérémonie. « Rien ne nous préparait à cette douloureuse séparation.. » a déclaré Michel Récipon, président de la Fondation Raoul Follerau de Paris (France) où le Dr Augustin Déguénon a exercé en qualité d’expert consultant après sa retraite.
Profondément ému, Michel Récipon a retracé brièvement le parcours de l’illustre disparu qui a consacré sa vie aux malades de la lèpre depuis les années 1980. Sa disparition tragique, le 12 janvier dernier, alors qu’il se rendait à Bohicon créé désormais un grand vide au sein de sa propre famille, celle des acteurs de lutte contre la lèpre et l’ulcère de buruli en général et des malades en particulier.
A ces malades qui le pleurent aujourd’hui, il a su apporter le sourire, le réconfort et la sympathie. « Nous étions presque rien, et ta présence en nos vies a donné de la chaleur. Tu es passé, laissant comme une marque dans nos coeurs l’amour.
Nous avons compris à travers toute l’attention dont nous avons bénéficiée de toi que, la fatalité de la maladie peut être vaincue » a témoigné leur représentant, Honoré Idohou. Un homme émérite ! Les différentes interventions ont fait cas de l’amour pour le travail bien fait du Dr Augustin Déguénon. « Nous t’avons découvert dans la poursuite d’une même cause qui est celle de donner soulagement aux patients souffrant de la lèpre. Plus qu’une profession tu en as fait une vocation et de toi nous avons appris à aimer le travail et à donner plus d’attention aux patients » a déclaré, au nom des centres de traitement antilèpre, la soeur Rachel.
Elle a évoqué les qualités de l’illustre disparu que sont la rigueur dans le travail bien fait et avec amour, le don de soi, le partage, la simplicité, le dialogue entre responsables et collaborateurs. « Tu as été un maître, un père, un frère, un ami bref celui-là avec qui nous avons beaucoup appris » a-telle témoigné. Ces qualités ont été également reconnues par le représentant des centres de traitement et de prise en charge de l’Ulcère de buruli, le Dr Ange Dossou.
Le ministre, Issifou Takapra, pour qui, le départ du défunt rappelle celui de son épouse, il y a quatre ans, a quant à lui, adressé aux enfants des mots d’encouragement. « Trois choses demeurent dans la vie, nous enseigne la Bible. Il s’agit de la foi, l’espérance et l’amour.
La plus grande est l’amour. Cet amour a guidé toutes les actions du défunt » a-t-il souligné. En bon sage, il leur a souhaité d’être guidés par l’amour et de respecter les conseils de leur feu père. La dépouille mortelle a pris ensuite la route de Bohicon pour l’inhumation du défunt.