A quelle étape se trouve, aujourd’hui, l’Initiative francophone de la formation à distance des maîtres au Bénin ?
L’initiative avance comme prévue. Nous sommes en train de finir le deuxième regroupement à la date prévue. Il doit avoir trois regroupements. Avec deux regroupements sur trois, vous constatez avec moi qu’on évolue normalement. Le premier regroupement a concerné 581 instituteurs en fonction dans le Zou et les Collines. Le second regroupement a permis de constater que 10 instituteurs ont manqué à l’appel. Ce qui est faible comme pourcentage de déperdition. Encore que sur les 10, nous avons eu des explications. Il y a deux dames qui ont eu le bonheur d’accoucher, deux instituteurs qui sont devenus Agents permanent de l’Etat qui sont retenus au Camp militaire de Bémbéréké dans le cadre du service patriote, et un instituteur qui a perdu son enfant. Les 5 autres n’ont pas donné de nouvelles. Je crois que le taux de déperdition est faible.
Cette initiative comprend un volet distribution de dictionnaires aux instituteurs. La première distribution étant déjà passée. La seconde distribution est prévue pour quand?
Avant la distribution des dictionnaires, je dirais que nous arriverons à la fin de cette initiative en juin prochain. Les instituteurs qui suivent le parcours seront évalués, et sont appelés à valider. Nous ferons l’objet d’une évaluation externe et interne, au second trimestre de cette année. Tout ceci est prévu dans le calendrier de cette initiative qui s’exécute à merveille. Par rapport, aux distributions de dictionnaires, c’est en deux phases. La première phase est déjà réalisée et concernait la distribution et la dotation des apprenants Ifadem d’un dictionnaire. Ainsi, 581 instituteurs qui suivent le parcours Ifadem ont déjà reçu leur dictionnaire. La seconde phase a pris en compte les autres instituteurs béninois en fonction qui sont au nombre de 30 000, chiffre communiqué par le ministère. Evidemment, ceux qui sont dans les salles de classe seront privilégiés avant ceux qui sont dans les bureaux. Tous les instituteurs auront chacun un dictionnaire dans le cadre de l’opération, « un instituteur, un dictionnaire ». Aujourd’hui, les choses évoluent très bien. Les dictionnaires sont déjà au Bénin dans les locaux du Campus numérique à la disposition du ministère. Nous attendons que le ministère vienne chercher ces dictionnaires, qu’il nous propose un plan de distribution qui pourra assurer qu'ils parviendront effectivement entre les mains de chaque instituteur béninois.
Nous sommes à l’orée de l’année 2010, quelles sont les perspectives pour votre structure pour cette nouvelle année ?
Pour cette année, le Campus numérique continuera ses activités traditionnelles, et renforcera la formation à distance. Il veut surtout aider les facultés béninoises, des deux universités nationales à pouvoir proposer aussi des formations à distance. Aujourd’hui, les universités du Burkina-faso dans l’offre Agence universitaire de la francophonie (Auf), ont six diplômes à distance. C’est quelque chose d’extraordinaire. C’est choquant pour moi, parce que, des professeurs béninois interviennent dans ces formations à distance, ailleurs, alors que le Bénin, lui-même, n’a pas une seule formation, un seul diplôme à distance à proposer. Face à ce défis, nous allons nous investir à accompagner les universités béninoises à se positionner sur ce nouveau marché. Nous lançons aussi, un nouveau programme qui s’appelle « horizon francophone ». C’est un programme qui renforcera les capacités des institutions universitaires à pouvoir encadrer davantage, les équipes de recherche. Il consiste aussi, à donner des opportunités aux doctorants afin de pouvoir trouver des cadres de formation pour leurs thèses, et de même, donner un nouveau cadre aux nouveaux docteurs, de revenir au pays et de retrouver une équipe de recherche à laquelle, ils vont s’intégrer et continuer à faire leur recherche.
Y-a-t-il un engouement pour la formation à distance au Bénin ?
si. Les chiffres évoluent, mais c’est relatif. Il y a un engouement. nous avons du monde. Mais, ailleurs aussi, il y a du monde. Depuis 5 ans, en Afrique francophone, le Bénin occupe la seconde place. Nous n’arrivons pas à dépasser les burkinabés qui sont très nombreux à s’inscrire. Nous avons maintenu notre place de second, en chiffre et en qualité. Nous sommes suivis de très près par les camerounais qui risquent de nous dépasser sur des formations. Par exemple, il y a des formations qui attirent beaucoup au Cameroun comme les droits de l’homme. On remarque au Cameroun que la plupart des officiers de gendarmerie et de police s’inscrivent à cette formation qui est proposée par l’université de nantes en france, à travers un master II. Nombre d’étudiants béninois fréquentent les universités privées.
Le campus numérique ne s’intéresset- il pas aux établissements privés d’enseignement supérieur ?
Nous sommes ouverts à tous les étudiants qu’ils soient du public que du privé. Nous n’avons pas les moyens d’installer un campus numérique dans chaque établissement, mais tous nos services sont offerts à tout étudiant. Il suffit d’être en mesure de justifier son inscription dans une université pour accéder à nos services, surtout que maintenant, l’accès à nos services peut se faire à distance. Nous avons maintenant, un système Wifi, qui permet, même lorsque le Campus numérique est fermé, aux étudiants de l’université d’Abomey-Calavi et d’ailleurs de continuer à travailler.