C’est en prélude à la campagne « Apprendre sans peur » qui sera lancée jeudi prochain que le secrétaire général du ministère des Enseignements maternel et primaire, Saliman Karimou a édifié la presse sur les raisons et objectifs de cette opération. La directrice de Right to play, Marie Joséphine Kora Tama, la représentante de Plan Bénin, Victorine Dossou Deha et le président de la Coalition béninoise des organisations pour l’Education pour tous (Cbo-Ept), Richard Houndjo ont également apporté leurs contributions sur les tenants et aboutissants de cette nouvelle campagne. Une campagne qui répond à l’étude commanditée par le ministère de la Famille avec l’appui de l’Unicef en 2001 sur l’exploitation sexuelle des enfants dans les villes de Cotonou, Porto-Novo, Bohicon, Abomey et Parakou qui a révélé que l’école est le principal lieu d’exploitation et d’agression sexuelle des filles. Des agressions qui étaient à 85% du fait des enseignants, et à 15% imputables aux garçons. Mieux, une autre étude sur les violences en milieu scolaire réalisée par le ministère des Enseignements maternel et primaire avec l’appui de l’Unicef a dévoilé qu’il existe un lien étroit entre les violences et les performances scolaires des enfants. Cette campagne « Apprendre sans peur », est réconfortée par certaines dispositions légales. Il s’agit, de la circulaire n°100/Menc interdisant le châtiment corporel de 1962, la prise de l'arrêté n°1264/Mencjs de mars 1981 rappelant la circulaire 100, la décision n°063/Mens/ Dgm/sp.C de février 1988 destinée à lutter contre les abus sexuels dans les écoles, l’arrêté interministériel n°6/Meps/Mefpt/Cab/Sgm. Sa d’octobre 2003 sanctionnant les auteurs des violences sexuelles en milieu scolaire, et la loi n°2006-19 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes au Bénin.
A toutes ces dispositions, il faut ajouter le fait que la violence est un problème de droit, affecte la santé et l’éducation des enfants, ce qui implique la nécessité d’une lutte pour construire un programme de protection des enfants et contribuer à la mise en place d’un environnement favorable à l’apprentissage. La campagne « Apprendre sans peur » sera lancée le jeudi prochain sous le thème « Bannir le châtiment corporel à l’école » avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Elle s’étendra sur trois ans et se déroulera dans plus de 40 pays. Selon le secrétaire général du ministère des Enseignements maternel et primaire, Saliman Karimou, la violence contre les enfants est un phénomène de plus en plus répandu au plan mondial malgré l’adoption des accords internationaux pour protéger les enfants. Il a fait observer que la violence contre les enfants provient généralement des adultes et dans une très faible mesure des enfants eux-mêmes. Saliman Karimou a démontré que la multiplicité des violences courantes à l’école montre l’importance du problème, ce qui justifie le choix de Plan international de lutter contre les violences à l’école et en milieu d’apprentissage pour contribuer à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) et de l’Education pour tous (Ept). Il a précisé que la campagne « Apprendre sans peur», vise à renforcer d’ici fin 2011 les capacités à 80% des acteurs stratégiques de l’éducation en vue d’un encadrement des enfants sans violence, contribuer à la promulgation fin 2010 d’une loi interdisant le châtiment corporel dans les écoles. Ceci pour également renforcer d’ici fin 2011, l’application des dispositions réglementant l’interdiction du châtiment corporel à l’école par tous les acteurs du système éducatif. Il a renchéri que la violence à l’école est un fléau à bannir dans le but de l’atteinte des objectifs de l’Education pour tous (Ept).