Faites un tour à la Fondation Zinsou et le spectacle est époustouflant! Déjà à l’entrée de l’institution, le visiteur est accueilli par une immense statue de plus de deux mètres de hauteur, qui semble souhaiter la bienvenue aux visiteurs de l’exposition. L’oeuvre baptisée «le fou du village» est réalisée par l’éthiopien Mickaël Bethe – Sélassié en 1993 grâce à une technique de papier mâché. L’artiste fait sa pâte lui-même avec des journaux déchirés en lamelles qu'il fait tremper dans de l'eau pendant une journée, avant de commencer l'armature. Après, il procède au mâchage du papier et y ajoute de la colle à papier. Il obtient en le pétrifiant une sorte d'argile dont il couvre le squelette. Après le séchage, il donne à l’oeuvre la couleur de son choix. Il s’agit d’une procédure de conception artistique qui particularise le travail de ce plasticien éthiopien. A l’instar de cette oeuvre, de nombreuses autres, quelles soient, des sculptures, des peintures ou dessins, forcent l’admiration et l’adhésion du spectateur qui peut se délecter de ces oeuvres phénoménales et voyager dans l’intimité de leurs auteurs sans être inquiété. Les oeuvres, parlent des réalités de l’Afrique, informent, exhortent, sensibilisent et portent le continent noir à travers ses émotions, ses craintes, ses déceptions et ses espoirs. Au total seize professionnels de l’art contemporain africain dont six béninois sont à l’honneur à la Fondation Zinsou, par le biais cette exposition dénommée «Récréation» qui se tient jusqu’au mois de janvier prochain. Il s’agit de Aston, Romuald Hazoumé, Dominique Zinkpe, Hector Sonon, Tokoudagba, Tchif pour le Bénin, et dix étrangers dont, Soly Cissa, Seyni Awa Camara, Malobé Diop tous trois de nationalité sénégalaise, l’éthiopien Mickaël Bethe - Selassie, le ghanéen Joe Big Big, le tanzanien Georges Lilanga dit Nyama, Dieudonné Sanna Wambeti, de la Centrafrique, Chéri Samba et Bodo, de la République Démocratique du Congo, et Bruce Clarke de l’Afrique du sud.
Pour Marie-Cécile Zinsou, cette exposition vise un double objectif. Elle se propose en un premier temps, de présenter en une seule exposition, le travail de seize artistes contemporains d’Afrique, dont les oeuvres sont très prisées par les grands musées du monde. Le but est de faire prendre conscience aux populations du Bénin et de l’Afrique de la qualité du travail de création de certains artistes d’Afrique. «A travers cette exposition, la Fondation Zinsou s’engage à combattre le cliché d’une Afrique paralysée et meurtrie par les guerres et la famine en projetant une image plus gaie, caractérisée par la splendeur, la beauté et la pertinence des créations d’artistes africains.» confie Marie-Cécile Zinsou. Des ateliers d'initiation Entre autres, la Pdg de la Fondation Zinsou, souhaite passer par le biais de cette exposition pour offrir une fois encore, un cadre de formation et d’initiation à l’art, aux enfants du Bénin et d’Afrique. Ainsi, huit ateliers de peinture, de dessin et de sculpture seront organisés en marge de l’exposition, afin de permettre aux enfants de mieux s’approprier les techniques de dessin, de peinture et même de conception d’une sculpture. Des formateurs aideront les enfants à s’inspirer du travail des artistes exposants, afin de concevoir des oeuvres dans l’esprit d’émouvoir et de transmettre une sensation. Pour Marie Cécile Zinsou, cette exposition se propose d’offrir tant aux enfants qu’aux adultes, une pose, une récréation, afin de percevoir le monde plus simple à travers l’esprit d’une oeuvre d’artiste. Il s’agit à la fois d’un voyage à travers l’univers des créateurs africains et de leurs oeuvres, mais aussi d’une initiation personnelle caractérisée par une remise en cause de chacun sur des questions qui n’honorent pas le continent noir. L’enjeu est donc immense, car pour la promotrice de l’initiative, l’exposition au delà de son caractère attractif vise non seulement à susciter de nouvelles vocations, mais aussi à informer l’opinion internationale et à la sensibiliser autour de la pertinence des oeuvres d’art «made in Africa». Fidèle à sa vocation de permettre à un plus grand nombre d’africains d’avoir gratuitement accès à l’art contemporain, la Pdg de la Fondation Zinsou martèle : «L’accès à cette exposition comme à toutes celles que nous initions reste et demeure gratuit à toutes personnes désireuses de nous visiter. Mieux, la fondation vient d’acquérir un bus pour le déplacement de tous les enfants du Bénin désireux de se rendre à la Fondation Zinsou. Ce bus sera mis en circulation dans quelques jours et favorisera la visite des écoliers des périphéries de la ville de Cotonou. » Entre autre, Marie Cécile Zinsou, annonce également la mise à disposition dans quelques jours d’une série de bibliothèques publiques pour les enfants des écoles. Il s’agit d’un projet qui permettra en un an, de doter les écoles de Cotonou et de ces environs d’un minimum de quatre bibliothèques. Mais pour l’instant, la dirigeante de la Fondation Zinsou, se réjouit de l’engouement du public béninois pour l’art contemporain et exhorte davantage les populations à se mobiliser et à s’approprier les vertus de l’art, fruit du travail de création des africains.