Commençons par un florilège de réactions d’experts dans les médias nationaux, quelques heures après les secousses. Placide Clédjo, Professeur d’Aménagement du territoire à l’Université d’abomey-calavi (Uac) : « On devrait plutôt parler de secousses sismiques graves mais pas de tremblement de terre. Les plaques tectoniques sur lesquelles se localisent le Ghana, la Côte d’Ivoire le Togo et le Benin ne sont pas à risques, mais il peut arriver qu’on ait de ces secousses sismiques». Lucien Marc Oyédé, Doyen de la Fast à l’Uac, géologue et chercheur : « Au Bénin, le sol connait de petites failles qui peuvent favoriser le séisme, les vallées du lac Nokoué et du lac Ahémé sont de zones d’accidents de l’écorce terrestre ; les communes d’Abomey- Calavi et d’Allada et bien d’autres restent moyennement dangereuses » ; « Ce qui s’est passé pour que ce soit le sud seulement qui ait ressenti ces secousses sismiques est le glissement des anciennes failles qui ont formé la vallée de l’Ouémé et celle du lac Mono».Dominique Tchalla, Directeur des recherches géologiques et minières : précise que de grandes failles existent dans la région de Kandi mais ajoute que « les récents tremblements de terre ne sont certainement pas causés par cette faille. Le Bénin ne disposant pas de centre de prévision des risques sismiques, les experts n’ont pas pu détecter l’épicentre et l’ampleur réelle du séisme ». A l’évidence, les secousses du 11 septembre ne laissent pas indifférents les experts nationaux. Les avis sont partagés sans qu’un diagnostic précis de la situation n’ait été établi.
Comment en serait-il autrement en l’absence d’un institut sismique, comme l’a rappelé l’un des spécialistes? Les priorités sont ailleurs pour un pays pauvre. Mais le fait que le Bénin, qui n’a pas été le seul pays touché (Ghana), ait déjà connu un tremblement de terre par la passé (1939) n’est-il pas un prétexte suffisant à l’ouverture de reflexions approfondies? C’est le moment de suivre la communauté scientifique nationale dans sa doléance de mise sur pieds d'un institut de vieille sismique à vocation nationale ou régionale. C’est le moment pour le Bénin, comme il sait le faire, de prendre la tête d’une initiative régionale dont la finalité serait la création de cette entité. Il y va de l’actualisation de nos connaissances sur les risques naturels que nous encourrons. Un aspect de ces événements est pourtant demeuré inexploité. Samedi 12 à 19H50 GMT, le centre nord du Venezuela a été ébranlé par un tremblement de terre de magnitude 6,4 sur l’echelle de richter. Le Vénézuela est itué au nord du continent sud-américain, à peu près à la même latitude que l’Afrique de l’Ouest… alors coïncidence?