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  Oeil du Maître
Dassoundo : pour une vision pragmatique de la mouvance présidentielle
 
     
 
 
     
 
Date de publication : 10-03-2009
Auteur(s) / source : Léon BRATHIER
 
     
 

   C’est à un grand exercice de dextérité politique que s’est livré vendredi dernier à Dassa, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, personnalité très active et très engagée des « yayistes des premières heures » au sein de la 4ième législature. Ses interventions lors de la mise sur les fonts baptismaux de sa nouvelle formation politique, dénommée Parti pour l’égalité, la solidarité et le développement (Pesd) et son entretien avec nos confrères de Canal 3 sont d’une grande maîtrise politique. Il devait à la fois rassurer la mouvance présidentielle quant à sa fidélité au président Boni Yayi et au régime du changement et en même temps réaffirmer ses positions sur les contradictions internes au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Tout le monde l’attendait, car il est un homme symbole dans la mouvance présidentielle par son engagement très tôt en faveur de Boni Yayi, son activisme parlementaire pour contrer toutes les velléités mises en route à l’Assemblée nationale pour empêcher la candidature du président de la Boad à l’époque. Il fait partie de ceux qui dès les premières dissensions apparues au sein de la grande majorité présidentielle -obtenue grâce à des négociations avec les députés qui se sont depuis constitués en G13, pour manifester leur mécontentement parce que se sentant marginalisés et accusant le chef de l’Etat de n’avoir pas respecté les engagements qu’ils auraient conclus dans un accord de législature- ont prôné le dialogue sincère avec ceux qui étaient devenus des adversaires. Avec un autre député des Collines Denis Oba Chabi, André Dassoundo fut le premier à prendre courageusement les devants en dénonçant dans un entretien à la presse, le malaise qui s’installait au sein de la mouvance présidentielle, particulièrement au sein de l’alliance Fcbe, provoquant des méfiances entre les membres et des frustrations chez un bon nombre de leaders politiques de cette mouvance. Ce faisant il n’a pas manqué à réaffirmer chaque fois son engagement indéfectible à l’égard du chef de l’Etat et du camp présidentiel. Il espérait ainsi se faire entendre et voir des changements dans la gestion de la mouvance, pour corriger les erreurs, les frustrations et les problèmes de personnes et d’intérêts, contre lesquels il a voulu mettre en garde son camp.

   Depuis les choses semblent bouger même si ce n’est pas au rythme souhaité. Dassoundo fidèle à sa position quant aux rapports entre la mouvance et les autres forces politiques a choisi créer l’écart indispensable pour réaffirmer, renforcer et consolider ses propres positions, ses forces sur le terrain, sans pour autant tourner le dos à la mouvance présidentielle. Une position confortable qui devrait lui permettre d’espérer mieux se faire entendre sur les enjeux politiques actuels pour 2011, montrer qu’il est préférable de constituer, à l’heure actuelle, des pôles de défense forts et crédibles que de mettre toutes les billes au sein d’une équipe dont les contradictions internes, si elles n’étaient pas résolues à temps, pourraient nuire à la synergie de toute la mouvance présidentielle. L’initiative de Dassoundo, même si elle est aussi la manifestation d’une déception profonde au sein de la mouvance et d’une réaction contre des manoeuvres de sape au niveau de son ancienne formation le Fades, elle aura réussi quelque chose de fondamental. Montrer qu’on peut rester dans la mouvance tout en exigeant que des débats internes aient lieu pour l’autocritique, afi :n de gérer les contradictions au sein de la famille présidentielle, et que si cela n’était plus possible, qu’on aille vers des soutiens démarqués et pluriels. Ce qui correspond par ailleurs à une position exprimée par le chef de l’Etat lui-même, devant une réunion des Fcbe, il n’y a pas si longtemps. Comme a tenu à le rappeler le premier vice président et nouveau président de Pesd, il ne s’agit pas, de son point de vue, de « rectifier le changement » comme certains le prônent, mais d’être réaliste et pragmatique ; de rechercher le dialogue plutôt que la cristallisation des positions vis-à-vis des alliés d’hier. La leçon à tirer de ce que vient de réaliser Dassoundo - qui peut faire tâche d’huile au sein de la mouvance - est la menace aujourd’hui pour l’alliance Fcbe, si toutes ses composantes et tous ses dirigeants n’y prennent pas garde, de se voir vider de ses forces politiques les plus pertinentes sur le terrain et sur l’échiquier politique national. Le risque demeure aussi que si les contradictions internes se poursuivaient, sans être résolues de même que les frustrations, les composantes de la mouvance souffrent de fragilisation, face à une opposition, en position de force au parlement et qui cherchera par tous les moyens à fédérer tous les mécontents, laissés par désintérêt ou mépris, en ions libres.

 
 
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